Dans le cœur de Sainte-Souffrance, il y a un grand Trou.

Deux clans rivaux du village, les Flotteurs et les Torpilleurs, se disputent avec véhémence le récit des origines de ce symbole d’une déchirure profonde, vide tenace que tous remplissent de secrets honteux et de mauvaise humeur. Pour débusquer la vérité, il suffirait pourtant de tendre une oreille attentive à la chorale de mouches qui chantent avec l’insistance des acouphènes le canton du Matalik et la brève histoire d’amour entre une tête-brûlée puant la braise et une Petite-Mouche à la cervelle malade.

On entendrait ainsi la musique, liée par une étrange harmonie, des vies rocambolesques des rejetons du couple maudit. Séparés à la naissance, l’un devient un compositeur au triste minois et à l’ouïe douloureusement fine tandis que l’autre, après une enfance sans le moindre ours en peluche, embrasse la foi avec une passion peu commune. Il faudra attendre un quart de siècle et un projet fou de réconciliation pour comprendre que de la destinée de ces deux orphelins dépend la rédemption, ou la damnation, des Souffretins.

Habité par une faune de personnages farfelus et inquiétants, Le chant des mouches est un conte grinçant aux accents burlesques, une farce tragique dont les échos résonnent longtemps, quelque part entre la tête et les tripes.

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