À 50 ans, le temps est venu pour Robert d’Amri de faire le point sur sa vie d’imposteur. Car il a en quelque sorte emprunté une existence qui, n’eût été d’une amourette au jardin avec Mademoiselle Échassier, alias Esther Roquemaure de Villemure, aurait sans doute été marquée par le passage de jours tranquilles. Ce jeune homme d’origine modeste préférant la compagnie des voitures à celle des hommes s’est conformé aveuglément aux volontés de deux familles qui s’entendaient sur un mariage rapide, mais nécessaire à leurs yeux. Employé de Plastron inc., la compagnie de son beau-père, Robert s’est donc laissé porter par la vie, tout simplement. Puis, par une matinée froide de décembre, il a tenté d’en finir avec cette route tracée d’avance, a voulu tenter le destin en posant un geste grave et, espérait-il, libérateur. Ce jour-là, Robert d’Amri est devenu un homme.

Qu’est-ce qui définit la (basse) noblesse ? Sur quelles valeurs cette espèce, menée par le respect outrancier de conventions absurdes, est-elle établie ? Tissé de vérités et de mensonges, d’adultère et de politesses parfumées de mépris, le premier roman de Sophie Beauchemin dresse le portrait grinçant d’un homme qui aura été, bien malgré lui, le jouet de ses proches.

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