Des livres qui (d)étonnent pour des lecteurs curieux!

Le sous-majordome

« Élégant, magnifiquement étrange et absolument superbe. »

Emily St. John Mandel

Lucien Minor, menteur compulsif et vilain petit canard de son hameau natal, a accepté le poste de sous-majordome au château de l’énigmatique baron d’Aux, niché au-dessus d’un village où grouillent voleurs, aristocrates, quelques fous et où, surtout, resplendit  la très belle Klara. Sa décision lui fera vivre bien des péripéties, y compris le grand amour, le plus cruel des chagrins et une pulsion meurtrière irrépressible.

Redoutable conteur et fin portraitiste d’êtres à la morale ambiguë, Patrick deWitt (Les frères Sisters, Prix des libraires du Québec) nous emporte dans une comédie de moeurs à l’humour caustique, une relecture alpine d’un conte des frères Grimm qui auraient forcé sur le schnaps.

Traduit de l'anglais (Canada) par Sophie Voillot

Marée montante

Quel courant fugitif a ravi Béatrice à ses parents ? Il n’aura fallu qu’un clignement d’yeux, aussi bien dire une éternité, pour que leur petite anémone disparaisse, laissant le couple enterrer un cercueil vide d’une indécente légèreté. Mais papa s’accroche à un espoir comme à une bouée : si chaque cours d’eau répond à l’appel de la mer, alors il remontera le courant qui le mènera jusqu’à sa fille.

Il s’improvise dès lors capitaine d’un improbable bateau de sauvetage. Au fil des jours, il sondera sans relâche les eaux du globe, notera selon les caprices de sa mémoire les souvenirs des jours heureux, insouciant devant la tempête qui gronde sur l’horizon.

Émouvante dérive sur le thème de l’absence mâtinée de poésie douce et saline, Marée montante est une déclaration d’amour à ceux qui nous quittent trop tôt, une comptine pour endormir le chagrin.

La mort de Mignonne et autres histoires

« Avec une puissance que n’altère pas la fluidité et la transparence légère de son style, Marie Hélène Poitras construit des univers durs et lisses, suggérant tout juste la petite faille qui permet aux lecteurs d’intervenir dans le récit et récrire à leur façon et pour eux-mêmes le mal de vivre et d’aimer et de mourir. »

Réginald Martel, La Presse

Douze histoires entre brutalité et candeur, volupté et désillusion, douze éclaircies qui se fraient un chemin jusqu’à nos sens, réveillés par la prose charnelle et musicale – déjà étonnamment mature – d’une jeune écrivaine qui signera plus tard Griffintown (Prix France-Québec).

  1. La mort de Mignonne
  2. La beauté de Gemma
  3. C’était salement romantique
  4. Grunge
  5. Fées et princesses au bout de leur sang
  6. Lettre aux habitants de Rivière-Bleue
  7. La maison
  8. Sur la tête de Johnny Cash
  9. Ruth en rose
  10. Protéger Lou
  11. Comme la renarde à trois pattes
  12. Nan sans Réal

« Les recueils de nouvelles ont rarement le même pouvoir d’attraction que les romans, de nos jours, mais ils ont ce charme qui parle beaucoup aux mélomanes comme Marie Hélène et moi : celui de fonctionner comme des albums. Un grand recueil de nouvelles est comme une bonne playlist, dont on peut isoler les morceaux et les jouer dans le désordre, mais aussi en admirer la séquence et la laisser agir sur nous au fil du temps. »

Extrait de la préface de Samuel Archibald

La Famille Winter

« Véritable western spaghetti philosophique, La Famille Winter ne lésine pas sur la sauce tomate, servie avec panache. »

Quill & Quire

Aux pires heures de la guerre de Sécession, une poignée de soldats se reconvertissent en une sinistre fratrie : la Famille Winter. Il y a Quentin le psychopathe, les frères Empire qui rivalisent de cruauté et de bêtise, Fred, l’esclave qui a repris sa liberté à coups de hache et, à leur tête, l’insondable Augustus Winter, dont le regard d’ambre glace le sang.

Parcourant le territoire sauvage des États-Unis du XIXe siècle, de la campagne livrée au pillage aux rues de Chicago gangrenées par la corruption, les mercenaires de Winter tantôt défendent les avancées de la civilisation et tantôt s’y opposent farouchement, laissant dans leur sillage plus de morts que de vifs.

Épopée nihiliste à cheval entre le western et le roman noir, cavalcade brillante comme le canon d’un fusil, La Famille Winter vous précipite dans les zones obscures de la nature humaine pour affronter ses contradictions et contempler toutes ses violences.

Traduit de l’anglais par Dominique Fortier

Californie 1901

Un vieil homme au visage brûlé que tous croient mort débarque dans une ferme californienne pour y dénicher du travail. Jack Miller l’accueille à bras ouverts, malgré les mauvais pressentiments de son épouse. Le passé du survenant au regard d’ambre ne tarde pas à le rattraper et pour le fermier, dont le beau-frère contracte des dettes de jeu dans le Chinatown de San Francisco, les problèmes ne font que commencer. Plus inquiétant encore, le vieil homme, qui a toujours soif de violence, décide de s’en mêler.

Californie 1901, une novella survoltée et rageuse en marge de l’univers de La Famille Winter, chronique l’agonie d’une époque à l’aube d’un nouveau siècle où, profitant des trouées d’ombres, certains règlent leurs comptes à l’abri des lois.

Traduit de l’anglais par Dominique Fortier

Les égarés

« Tour de force qui figurera assurément parmi les romans les plus marquants de l’année, Les égarés offre un équilibre parfait entre suspense et drame social, entre secrets de famille et lutte pour la survie. »

The Globe and Mail

Cinq jours, quatre randonneurs, trois survivants…

Le jour de son dix-huitième anniversaire, Wolf entreprend l’ascension de la montagne surplombant Palm Springs, avec en tête le projet de se jeter dans le vide. En chemin, il rencontre trois femmes : Nola, qui a décidé de souligner son anniversaire de mariage malgré le décès de son mari, Bridget, qui s’entraîne pour un triathlon, et Vonn, en pleine crise d’adolescence. Ces trois âmes brisées lui sauveront la vie chacune à leur manière.

Une série de maladresses les précipitera au milieu des bois. Égarés, ils devront faire des sacrifices, surmonter l’angoisse et l’affolement, affronter la faim, le froid, mais aussi les véritables raisons qui ont guidé leurs pas jusqu’au coeur de cette montagne.

Célèbre pour la richesse de ses portraits et la poignante humanité de ses personnages, l’auteure des Filles use ici avec un doigté remarquable des mécanismes du suspense pour infliger à ce quatuor mal assorti le plus cruel des procès : celui où l’on est à la fois juge et accusé.

Traduit de l’anglais par Lori Saint-Martin et Paul Gagné

Hors saison

Au Bonheur de Noël, on déniche tout l’arsenal festif nécessaire pour transformer votre demeure en havre à lutins… Décorations en tous genres, accessoires parfumés, gadgets scintillants… et un cadavre, ce qui refroidit passablement l’ambiance, surtout en octobre.

Qui a bien pu en vouloir à ce point à Jacques Jodoin, préposé à l’entretien aussi discret que taciturne ? Interrogés par l’inspectrice de la police de Québec Marina Duhaime, les membres du personnel ne semblent nullement correspondre au portrait qu’on se fait d’un exécuteur de concierge.

Entre en scène Antoine Paradis, célèbre cuisinier recyclé dans la création de repas d’avion, qui a connu Jodoin au cours d’une autre vie. Le nez au-dessus de l’affaire qui mijote, une concoction louche et plus épaisse qu’il n’y paraît, il sent que l’enquête est relevée par un zeste de vengeance, un soupçon de romance et des restes célèbres qu’on n’attendait plus.

La table est mise pour un trio émotion, suspense et rire servi à la Férandon.

Rien n'est trop beau pour les gens ordinaires

« [U]n roman que l’on dévore avec bonheur »

Manon Dumais, Le Devoir

Voici Berthold Sidebottom. La quarantaine avancée, acteur passionné par Shakespeare incapable de trouver un rôle à sa mesure. Il n’est pas George Clooney. Divorcé, endeuillé, il s’est réfugié chez sa mère dans un HLM au nord de Londres. Les années passent, puis maman meurt. Craignant d’être mis à la rue par Mrs. Penny, gestionnaire du logement social, il recrute la vieille Inna pour incarner la défunte.

Voici Violet. La vingtaine optimiste. D’origine kennyane, elle a grandi en Angleterre et vient de décrocher le travail idéal, mais elle a perdu ses illusions : la finance a décidément l’éthique légère. À la recherche d’un emploi, elle ne trouve que des manigances louches.

Il y a aussi dans Rien n’est trop beau pour les gens ordinaires des gens qui parlent russe, roumain, swahili ou la langue des affaires, un perroquet et un pigeon à une patte.

Voici la plus récente comédie de moeurs, bien entendu hautement vitaminée, de Marina Lewycka (Une brève histoire du tracteur en Ukraine) qui sait si habilement, sous le vernis de l’humour, dissimuler une bonne dose de critique sociale.

Traduit de l’anglais par Sabine Porte

L'âme des horloges

Par une sombre journée d’été de l’an 1984, Holly Sykes, adolescente en fugue, fait la rencontre d’une dame étrange qui, en échange d’un « asile », lui offre une inoffensive tasse de thé. Plusieurs décennies passeront avant qu’Holly ne saisisse exactement de quel genre d’asile l’inconnue voulait parler…

Fresque vertigineuse comme seul peut en imaginer l’auteur de Cartographie des nuages, L’âme des horloges expose en six temps des moments de la vie d’Holly, depuis sa jeunesse tempétueuse à Gravesend jusqu’à sa vieillesse sur la côte atlantique de l’Irlande en l’an 2043. Une vie trouée d’éclairs de précognition, de visites d’inconnus et de brèves altérations de la trame du réel. Car Holly Sykes tient à son insu un rôle dans une vieille querelle se jouant dans les coulisses de notre monde. Elle pourrait même en être l’arme ultime.

David Mitchell, l’un des auteurs les plus admirés de la scène littéraire mondiale, électrifie l’esprit du lecteur avec ce formidable roman kaléidoscopique.

Traduit de l’anglais par Manuel Berri