Question de nourrir les appétits artistiques des isolés, nous avons demandé à certains de nos auteurs de vous partager leurs engouements littéraires, filmiques et musicaux du moment. Pour cette première vague, voici les suggestions de Larry Tremblay, Christine Eddie et Élise Turcotte.

 

Quatre livres qui ont marqué Larry Tremblay

Génération offensée. De la police de la culture à la police de la pensée, Caroline Fourest (Grasset)
Lu dans l’avion du retour. Pour mieux saisir les dérives du repli identitaire, du communautarisme, de la surenchère victimaire dans ces temps de confinement.

Les Mille et Une Nuits, traduction de Jamel Eddine Bencheick et André Miquel (La Pléiade, Gallimard)
Pour réduire les jours qui nous séparent de l’été en donnant à nos nuits la splendeur lumineuse des fables. Pour retrouver l’enchantement de l’enfance en tournant des pages.

Le Ghetto intérieur, Santiago H. Amigorena (P.O.L)
Pour nous rappeler d’autres confinements autrement plus douloureux. Comme si le cœur avait écrit un roman.

Le Livre de l’intranquillité, Fernando Pessoa, traduction de Françoise Laye (Christian Bourgois Éditeur)
Chef d’œuvre absolu. Le livre le plus humain qui soit. Au-delà de tout optimisme et de tout pessimisme.

 

Christine Eddie en livres, en films et en musique

Trois livres :

Shuni de Naomi Fontaine (Mémoire d’encrier)
Cette longue lettre d’une Innue à une blanche bouscule les idées reçues et invite à la réconciliation. Impossible de résister à la main tendue, à l’écriture magnifique et à l’humour tendre.
La fleuve de Charles Quimper (L’oie de cravan)
Une cinquantaine de petits récits amoureux qui naviguent entre la beauté et la souffrance, portés par une écriture poétique et imprévisible. Chaque page est un bijou. En prime, le fleuve n’est jamais loin.
Une histoire du monde sans sortir de chez moi de Bill Bryson, traduction de Hélène Hinfray (Payot)
L’auteur nous fait visiter le vieux presbytère anglais qu’il a loué, du hall d’entrée au grenier. Chaque pièce devient un prétexte pour fouiller le passé. Un livre où l’humour et l’érudition cohabitent à merveille.

Trois films :

Isabelle au bois dormant de Claude Cloutier
Un court métrage (9 minutes) d’animation que je ne me lasse pas de regarder. C’est gratuit !
Si vous êtes abonné à Netflix : Tony Morisson : The pieces I am
Un superbe portrait de cette grande écrivaine afro-américaine. Visionner la bande-annonce.
The mind behind «The Handmaid’s Tale», le documentaire sur Margaret Atwood réalisé en 2019 par Peter Raymont et Nancy Lang.

De la musique :

Espace Musique propose des listes de lecture dont plusieurs font oublier les virus. Celle-ci, par exemple.

Je suis très chanson. Je pourrais en proposer des milliers ! En voici trois, choisies au hasard :
Milagros de Florence K
Ode to Billy Joe, interprétée par Patti Smith
J’aurai cent ans par Beyries (et Louis-Jean Cormier)

 

Trois suggestions d’Élise Turcotte

Un roman :
Le registre de l’inquiétude, de Linn Ullman, traduction de Céline Romand-Monnier (Actes Sud)
Un texte bouleversant sur la vieillesse, la famille, le cinéma et l’art. Un dialogue entre une écrivaine et son père, le célèbre réalisateur Ingmar Bergman.  Une réflexion sur le langage, la mémoire et le deuil. Des souvenirs d’enfance qui enflamment le récit de l’oubli.  Dans une forme inventive et poétique, et, à chaque tour de chapitre, imprévisible.

Une websérie :
Écrivain public, à écouter sur TV5Unis (trois saisons)
C’est écrit par Michel Duchesne, tourné avec peu de moyens financiers mais une tonne d’intelligence et de sensibilité. Ça se passe dans Hochelaga -Maisonneuve où l’écrivain public du titre est engagé pour aider les analphabètes d’un centre communautaire. Des personnages extraordinaires, attachants au possible, des acteurs de grand talent. Du jamais vu à notre télé qui semble ignorer que la pauvreté existe. Très, très émouvant.

Une chaîne de télévision Web :
Louisiana Channel, abrité par le Louisiana Museum of Modern Art à Humlebaek, au Danemark.
Ici, on peut voir et entendre des entrevues avec des écrivains comme Roxanne Gay, Rachel Cusk, Margaret Atwood, avec des artistes comme Kiki Smith ou David Altmejd, des architectes, des musiciens. On y trouve  aussi des lectures de poésie et de romans. Éclairant et stimulant.

 

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