Question de nourrir les appétits artistiques des isolés, nous avons demandé à l’équipe d’Alto de vous partager ses engouements littéraires, filmiques et musicaux du moment. Pour cette quatrième (et dernière) vague, voici les suggestions de Tania Massault, Christiane Vadnais, Anne-Marie Genest, Josianne Desloges et Antoine Tanguay.

 

En cuisine avec Tania

Veg de Jamie Oliver (Hachette) traduction de Frédérique Corre Montagu
Je dois admettre que je voue un culte à Jamie Oliver (ou en tout cas à son équipe). Sa dernière publication, Veg, contient une multitude de recettes végétariennes délicieuses. Toujours un peu ambitieuses et avec une liste d’ingrédients parfois indécente, ces recettes vous feront néanmoins succomber. Ce serait aussi l’occasion pour vous de mettre à l’emploi les petites mains disponibles dans la maison. Vous pouvez aller vous rincer l’œil dès maintenant sur son site.

Vivre avec moins pour vivre heureux ! – plus de 200 illustrations pour comprendre et agir de Romain Haonfaure et Jean-François Rochas-Parrot (éditions Rustica)
Nous sommes tous pleins de bonne volonté, mais le casse-tête valeurs/temps/argent est souvent difficile à résoudre. Ce livre prend de petits éléments de notre quotidien et permet une réflexion indolore (promis !). Sortir les objets superflus de chez soi, faire sa lessive maison, relativiser ses besoins avec la méthode Bisou… et si vous voulez accéder à tout ça sans même passer par une commande web, c’est aussi possible, car tout est gratuit et disponible sur le site des écolos Humanistes!

 

Les idées allumées de Christiane

A Girl Walks Home Alone at Night d’Ana Lily Amirpour
Ce film de vampires iranien est aussi une ode féministe et onirique à la rébellion. Dans un monde noir et blanc, tout en silence et en délicatesse, les tchadors se transforment en capes. Renversant. (disponible sur iTunes en dari sous-titré anglais)

La philosophie à l’abattoir de Christiane Bailey et Jean-François Labonté (Atelier 10)
La crise actuelle met en lumière les ravages de notre mode de vie et du commerce sur les espèces sauvages. Ce court essai fait le point sur l’éthique animale, pilier nécessaire d’une société plus respectueuse de l’environnement.

 

Par ici, on fuit avec Anne-Marie

40 courts métrages québécois
Malgré mon amour pour les films de trois heures et plus et les pièces de théâtre-fleuve, il semblerait que ma capacité de concentration s’est elle aussi mise en confinement. J’ai donc décidé de profiter de cette période pour regarder des courts métrages. La chaîne Unis.ca en héberge présentement 40 de divers cinéastes québécois dont le magnifique Marguerite, nommé aux Oscars. À raison d’un par jour, c’est assez de courts métrages pour se faire une joyeuse traversée du désert cinématographique.

Un balado de fiction faussement relaxant
Nous connaissons tous les cassettes/CD de relaxation guidée. Jeffrey Cranor et Janina Matthewson s’en sont inspiré pour créer Within The Wires. Dans ce balado de fiction aux accents dystopiques, la narratrice s’adresse à l’auditeur à la deuxième personne, en faisant le sujet de l’histoire qui se déroule dans un établissement médical mystérieux. À défaut de vous relaxer, cette fiction sonore vous permettra de vous évader en plongeant dans un univers immersif et addictif. Within The Wires est disponible gratuitement sur Apple PodcastSpotify et YouTube.

 

Ça plane pour Josianne

Nameless (et tous les autres disques) de Dominique Fils-Aimé
L’étrange situation actuelle donne envie de trouver des remparts pour repousser ce qui nous angoisse ou nous irrite. La musique de Dominique Fils-Aimé remplit formidablement bien ce mandat. Le mélange des envolées vocales et des ponctuations du chœur dans ces berceuses blues donne des frissons. La musique et la réalisation soigneusement dosée sont un délice. On pèse sur « play » et on n’a qu’à se laisser planer.

L’art moderne et contemporain en huit gestes du Centre Pompidou 
Un des avantages collatéraux de la crise est que certains se retrouvent avec beaucoup de temps à leur disposition. Si c’était mon cas, je sauterais sur l’occasion de suivre ce cours d’histoire de l’art en ligne gratuit du Centre Pompidou qui fait partie de l’incroyable collection de MOOC (Massive Open Online Courses) culturels proposée par la Fondation Orange. Les amateurs d’histoire, de sociologie, de lettres, de mathématiques ou de cuisine peuvent aussi y trouver leur compte.

 

L’univers (d)étonnant d’Antoine

Myopia d’Agnes Obel
Un grand pas en avant pour cette pianiste et chanteuse d’origine danoise. Son parcours est exceptionnel, en constante évolution, du plus sage Philarmonics au richement texturé Citizen of Glass en passant par le très enveloppant Aventine. Avec Myopia, elle pousse l’expérimentation sonore encore plus loin sans pour autant se retrancher dans les terres infertiles d’un nouvel âge saveur XXIe siècle, créant un équilibre étonnant entre les interludes instrumentaux et les tours de chant envoûtants. À ranger quelque part entre Tori Amos, Meredith Monk et Nils Frahm.

Vivarium de Lorcan Finnegan
Quelle originalité : un film sur un couple prisonnier d’une maison dans une période de confinement ! Tom (Jesse Eisenberg) et Gemma (Imogen Poots) veulent acheter une demeure dans un projet immobilier où, constatent-ils en arrivant, toutes les unités sont identiques : trop louche pour eux. Ils saluent l’agent et cherchent la sortie du quartier. Le hic, c’est qu’il n’y en a pas. Les voici prisonniers du bungalow, au demeurant très accueillant, et où, tiens donc, il y a même de la place pour un joli poupon tout neuf. S’il n’est pas parfait (la prémisse est ambitieuse), le film de Finnegan offre un huis clos original aux accents absurdes et une signature visuelle qui évoque la belle période de Tim Burton et le maniérisme de Wes Anderson, humour fin en moins.

 

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