Couverture

Arrivé à la puberté, chaque membres de la famille Randall reçoit une vision de la fin du monde dans ses moindres détails : sa date, son heure et sa nature.  Or, aucun ne partage la même date et lorsqu’un Randall survie à sa fin du monde, il tombe inexorablement dans la folie. Tel est le sort de la pauvre Hope Randall que sa quête préapocalyptique mènera à des milliers de kilomètres de chez elle.

Alors que la vie suit son cours à Rivière-du-Loup pour Michel Bauerman, surnommé Mickey, rejeton d’un clan qui produit du béton depuis plusieurs générations, l’arrivée d’une adolescente unique en son genre, Hope Randall, viendra le perturber. Ann Randall, la mère de Hope, est convaincue que l’apocalypse aura lieu à l’été 1989. Elle a décidé de fuir son destin avec sa fille dans une vieille Lada, pour échouer à 1200 kilomètres de Yarmouth, dans le bas du fleuve.

Les deux adolescents se lient d’amitié et partagent de longues soirées dans le sous-sol de la maison des Bauerman, le bunker, et une quantité impressionnante de ramens. Seulement, ce fragile équilibre sera brisé le jour où Hope décide de partir à la recherche de sa fin du monde; son voyage la mènera aux États-Unis et au Japon, pays qu’elle adoptera. L’histoire se termine en 2009 lorsque Mickey, les deux pieds sur le tarmac, s’apprête à prendre l’avion pour Tokyo.

L'époque
De 1989 à 2009
Les lieux
Rivière-du-Loup, New-York, Seattle et le Japon
Les thématiques
L'apocalypse, la famille, la généalogie, l'amitié, le destin et la fatalité
Le style et la construction du récit
Le roman est séparé en 97 petits chapitres, de 2 à 6 pages chacun. Cela donne l'impression que la lecture s'effectue rapidement. La narration est parfois du point de vue de Mickey Bauerman, d'autres fois de celui d'un narrateur omniscient racontant les mésaventures de Hope Randall à la 3e personne. Le récit se déroule chronologiquement, d'un indice à l'autre, dans cette folle quête de fin du monde.

Pistes de réflexion

  • Analyser le titre permettrait, notamment, d’aborder la notion d’horizon d’attente (Hans Robert Jauss). Dans Le Petit Robert, la définition du nom masculin « tarmac » est : « Dans un aérodrome, partie réservée à la circulation et au stationnement des avions. » Il s’agit donc d’un lieu à la fois de départ et d’arrivée, où de nombreuses personnes, issues de partout et parlant différentes langues, convergent. C’est, pour ainsi dire, un lieu de transition. Comment un titre porteur d’un tel sens programme la lecture? Voir aussi comment le titre anglais, « Apocalypse for Beginners », modifie les attentes du lecteur.
  • Exercice d’écriture : En vous inspirant des cas que l’on retrouve aux pages 17 et 18 (de l’édition en CODA), inventez les histoires de fin du monde d’autres membres de la famille Randall. Le pastiche est une façon efficace, utilisée par de nombreux auteurs, afin de s’exercer et d’affûter sa plume.
  • Exercice de comparaison : La littérature apocalyptique est un genre littéraire en soi; même si Tarmac ne s’y inscrit pas pleinement, il permet de l’aborder. Pour ce faire, pourquoi ne pas le comparer avec le roman (ou le film) « La route » de Cormac McCarthy?

LECTURES COMPLÉMENTAIRES

La civilisation perdue – naissance d’une archéologie de David Macaulay, par École des loisirs

La route de Cormac McCarthy, publié chez Points

Les Chrysalides de John Wyndham, chez Terre de Brume

Station Eleven d’Emily St. John Mandel, aux éditions Alto

Volkswagen blues de Jacques Poulin, publié chez Leméac

 

VERS D’AUTRES ARTS

1990, Jean Leloup, 1991 (chanson)

Apocalypticodramatic, Tryo, 2003 (chanson)

Le vent nous porteras, Noir désir, 2001 (chanson)

 

« Août 1989. Ronald Reagan avait quitté la Maison-Blanche, la guerre froide tirait à sa fin et la piscine municipale extérieure était (encore une fois) fermée. Cause de la contrariété : un bris de tuyaux.

Rivière-du-Loup baignait dans le bouillon de poulet – un air jaunâtre, saturé de pollen – et j’errais dans le quartier, maussade, ma serviette de bain autour du cou. Il restait trois jours avant la rentrée scolaire, et seules quelques longueurs dans l’eau chlorée auraient pu me remonter le moral. » (p.9 édition coda)

« Cas n° 1 : Harry Randall Truman, le patriarche, avait perdu la tête à l’automne 1835, peu après le passage de la comète de Halley. Il avait annoncé le retour de Moïse à bord d’une baleinière incandescente, puis avait bouté le feu à la grange du pasteur presbytérien. Les voisins l’avaient intercepté, ligoté et expédié au Halifax Mental Asylum, où il termina ses jours dans l’aile des pyromanes et autres sociopathes. »
(p.17 édition coda)