En 2020, les éditions Alto se sont lancées dans la production de livres audio. Des narrateurs et des univers musicaux ont été choisis avec soin pour mettre nos titres en valeur et rendre l’expérience d’écoute unique. À venir au printemps 2021: Méduse et La désidérata.

La désidérata

Sous le ciel aveuglant de Noirax couve une longue tradition de secrets qu’il faudra un jour détricoter. Dans la Malmaison, les pères entretiennent depuis longtemps le silence, nourrissent les panses et multiplient les désidératas: Pampelune, la bougresse, Héléna, la Pimparela, des femmes au destin tragique.

Le père est rassuré : le domaine est paisible, endormi. On a fermé la porte de la Maison aux parfums de crainte que la vérité s’en échappe. Son fils, Jeanty, de retour au bercail après une déconvenue amoureuse, entame sa propre quête identitaire. Aliénor, une femme qui compte bien changer le cours des choses, arrive à Noirax avide de réponses. Un rideau se lève.

Dans cette fable gourmande où l’on crée et procrée, les parfums persistent, prégnants, au-delà des pierres. Les puissants vacillent, les chasseurs sont chassés, les loups hurlent l’annonce d’un règne nouveau.

Déploiement gracieux et lyrique ponctué de chansons qui n’ont d’innocent que les apparences, La désidérata est un hommage aux voix qu’on a tenté de bâillonner, le récit lumineux du retour de la vie.

Méduse

On la surnomme Méduse depuis si longtemps qu’elle en a oublié son véritable prénom. Elle marche tête baissée, le visage caché derrière ses cheveux, pour épargner aux autres la vue de ses Difformités – des yeux si horribles qu’ils révulsent les femmes et pétrifient les hommes. Elle-même n’a jamais osé se regarder dans un miroir.

Chassée du foyer familial, Méduse est enfermée à l’Athenæum, un institut pour jeunes filles malformées, qui se dresse sur les bords d’un lac infesté de méduses. Dans les abysses de cet endroit lugubre, où les bienfaiteurs s’adonnent à des jeux cruels avec leurs protégées, elle découvre peu à peu les prodigieuses et redoutables facultés de ses Révoltances.

Le jour où elle en émerge enfin, c’est pour semer la destruction sur son passage. Mais avant de pouvoir se venger des bienfaiteurs qui l’ont humiliée, elle devra d’abord affronter le regard perfide de son ennemi juré – et celui, mortel, de ses propres Abominations.

Martine Desjardins signe ici un récit incendiaire sur la honte du corps, l’oppression et le pouvoir de la féminité. Un renversement des rapports de force qui jette une lumière à la fois crue et raffinée sur la monstruosité.

La fin de l'alphabet

Toute cette histoire est assez improbable. Elle aurait pu commencer un jour, par un dimanche matin baigné d’un soleil d’avril, entre la maigreur de l’hiver et les rondeurs du printemps, et se terminer dans l’allégresse au crépuscule.

Mais ce n’est pas de cette histoire qu’il s’agit.

Ce jour-là, Ambroise Zéphyr échoue à son examen médical. Verdict : il est atteint d’une maladie incurable qui ne lui laisse que trente jours à vivre. Fasciné depuis l’enfance par les abécédaires et les caractères d’imprimerie, ce graphiste féru d’art et d’histoire décide de prendre le large et de s’offrir un dernier (et merveilleux) périple autour du monde avec sa femme, Zappora Ashkenazi. Premier arrêt : A pour Amsterdam, puis B pour Berlin, C pour Chartres… Mais qu’arrivera-t-il lorsque viendra la lettre Z, la fin de l’alphabet ?

Traduit de l'anglais (Canada) par Sophie Voillot

Faunes

À une époque où la nature a été entièrement cataloguée, colonisée ou assujettie, on peut encore découvrir quelques espaces insoupçonnés à la lisière de la civilisation : des chemins effacés par la neige, des villages mauvais. Il faut rester à l’affût pour les débusquer.

Sinon il suffit de suivre Laura sur les routes menant à la brumeuse cité de Shivering Heights ou vers le hameau flottant au milieu d’un lac infesté de dangers sous-marins. Dans ces lieux fuyants, là où les histoires se tissent comme des constellations, cette biologiste embrasse la fulgurance de la nature comme les secrets de la science avec la force d’une conquérante et l’innocence d’une volontaire promise au sacrifice. Scientifique têtue, amoureuse inquiète, Laura mène un combat pour la survivance sans se douter que le brouillard estompe les frontières entre les humains et les monstres, que l’eau charrie des menaces qui enflent avec la pluie.

Il n’y aura pas de vivant sans dévoration.

Première œuvre fiévreuse, séduisante et imprévisible, Faunes dresse un inventaire fascinant de spécimens humains ballottés au gré d’instincts premiers.

Pas même le bruit d’un fleuve

«[Pas même le bruit d’un fleuve] parvient à relier la grande et la petite histoire avec une noble révérence pour tout ce qui, entre deux êtres, aura longtemps appartenu au silence.»

Dominic Tardif, Le Devoir

Quand Hanna découvre, parmi les effets de sa mère récemment décédée, des carnets, photographies et coupures de journaux, elle décide de descendre le cours du fleuve jusqu’à Kamouraska pour tenter de trouver le fil qui rattachera son histoire à celle de Simone, cette femme silencieuse, absente de sa propre vie.

Remontant le siècle, le long du Saint-Laurent, de Montréal à Pointe-au-Père, suivant des marées parfois cruelles, Hanna retrouvera la trace du premier amour de sa mère et retournera jusqu’en 1914, au moment du naufrage de l’Empress of Ireland. Elle apprendra qu’une catastrophe forme le tronc de tragédies intimes qui traversent les générations et que les survivants sont parfois les vrais naufragés. Sur cette route qui la conduit vers elle-même, elle pourra compter sur la force de l’art et de l’amitié pour éclairer sa quête. La poésie gonflant ses voiles, Pas même le bruit d’un fleuve emporte dans son sillage son lot de révélations, de miracles et de mystères.

*Des pièces musicales ont accompagné Hélène Dorion dans l’écriture de ce roman. Elle en a fait une liste de lecture disponible pour écoute sur Spotify.

Un beau désastre

Au cœur d’un quartier de bouts de chandelles et de briques fanées, un enfant s’inquiète. De père inconnu et de mère absente, élevé par une tante astrologue chroniquement optimiste, le petit M.-J. observe le vingt et unième siècle et broie du noir. La vie, se répète-t-il, c’est dangereux.

Durant l’été de ses seize ans, alors qu’il n’attend plus rien du monde, la vie le surprend. L’amour, l’art et le soutien d’une communauté bigarrée mettent en échec ses idées les plus sombres. En dépit de la crise des migrants, de l’état de la planète et du cri des pauvres qui ne porte jamais bien loin, l’adolescent apprendra qu’il existe un remède au désastre, une chose au moins aussi difficile à éradiquer que les gaz à effet de serre ou la guerre : l’espoir.

Roman d’apprentissage porté par une voix vive et inspirante, Un beau désastre est une fresque lucide et drôle où la bêtise ne peut venir à bout de la beauté, où le béton n’empêche pas l’herbe de pousser. Un souffle d’espoir et de solidarité dans une époque qui navigue entre désastres et promesses.

Marée montante

Quel courant fugitif a ravi Béatrice à ses parents ? Il n’aura fallu qu’un clignement d’yeux, aussi bien dire une éternité, pour que leur petite anémone disparaisse, laissant le couple enterrer un cercueil vide d’une indécente légèreté. Mais papa s’accroche à un espoir comme à une bouée : si chaque cours d’eau répond à l’appel de la mer, alors il remontera le courant qui le mènera jusqu’à sa fille.

Il s’improvise dès lors capitaine d’un improbable bateau de sauvetage. Au fil des jours, il sondera sans relâche les eaux du globe, notera selon les caprices de sa mémoire les souvenirs des jours heureux, insouciant devant la tempête qui gronde sur l’horizon.

Émouvante dérive sur le thème de l’absence mâtinée de poésie douce et saline, Marée montante est une déclaration d’amour à ceux qui nous quittent trop tôt, une comptine pour endormir le chagrin.

Les villes de papier

Si, comme elle l’écrit, l’eau s’apprend par la soif et l’oiseau par la neige, alors Emily Dickinson, elle, s’apprend par la mer et par les villes.

Figure mythique des lettres américaines, celle que l’on surnommait « la dame en blanc » demeure encore aujourd’hui une énigme. Elle a toujours refusé de rendre sa poésie publique et a passé les dernières années de sa vie cloîtrée dans sa chambre ; on s’entend pourtant maintenant à voir en elle un des écrivains les plus importants du dix-neuvième siècle.

Les villes de papier explore son existence de l’intérieur, en mode mineur, à travers ses livres, son jardin et ses fantômes. Autour de moments de la vie d’Emily, Dominique Fortier trace un roman à la fois grave et cristallin, et nous offre une réflexion d’une profonde justesse sur les mondes qui nous construisent, sur les lieux que nous habitons et qui nous habitent aussi.

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