Voici venu Halloween ! Pour l’occasion, nous vous proposons quelques lectures tantôt envoûtantes, grinçantes, effrayantes, noires ou drôles, mais toujours propices à procurer le doux plaisir de frissonner.

Troupe 52

« Troupe 52 est le meilleur roman que j’ai lu depuis très longtemps. »

Bret Easton Ellis

Chaque automne, c’est une tradition aussi réconfortante qu’une histoire à faire peur au coin du feu : le chef scout Tim Riggs emmène sa troupe camper sur une île coupée du monde. Mais cette année, la peur sera bien réelle. Lorsqu’un homme traqué, affamé et pâle comme la mort accoste à la faveur de la nuit, une étrange épidémie s’abat sur l’île. Débute ainsi pour les membres du petit groupe une lutte pour survivre aux éléments, à l’infection et à leurs démons.

Haletant, brutal, volontairement excessif, Troupe 52 ne ménage pas les effets pour nourrir nos pires craintes. Nick Cutter, double maléfique de Craig Davidson (De rouille et d’os), dissèque la noirceur infinie des hommes dans un huis clos où l’appétit et la paranoïa mènent un bal dément. Car la faim justifie ici tous les moyens.

Traduit de l'anglais (Canada) par Éric Fontaine

Dans le noir

« Dans le noir est une réussite. Fouillant le passé d’un oeil expert et précis, il observe à quoi les gens croient et pourquoi. Il y règne un réalisme palpable et on s’y amuse énormément. »

The Vancouver Sun

À l’heure où les premières ampoules électriques s’allument, la société américaine découvre, fascinée, une science nouvelle et controversée : le spiritualisme.

Au centre de cette frénésie : les soeurs Fox, capables de communiquer avec ceux qui ont franchi l’ultime frontière. Sont-elles des pionnières ou des manipulatrices?

Car si la ligne est mince entre les vivants et l’au-delà, elle l’est aussi entre la supercherie et le miracle. Inspiré de faits réels, Dans le noir est une exploration fascinante des mécanismes de la foi et de la prestidigitation où valsent des ombres incertaines. Claire Mulligan laisse son récit, d’une grande rigueur stylistique et historique, faire la cour à l’étrange sans jamais y céder. Le mystère est finement distillé, le philtre d’angoisse délicieux.

La lumière, comme la raison, quitte les hommes, les contours du réel s’estompent et, dans le noir, seul le doute peut encore nous éclairer.

Traduit de l'anglais (Canada) par Sophie Voillot

Boo

« Le talent littéraire est ici difficilement contestable. Avec autant de qualités, le premier roman de Neil Smith nous tient en haleine avec ces débats intérieurs et procure de vives émotions loin d’être artificielles. Une plume à surveiller de très près. ★★★★1/2 »

David Bigonnesse, Bible urbaine

Oliver Dalrymple est un garçon de treize ans à la peau pâle et au cœur troué. Tout le monde l’appelle Boo, en raison de sa blancheur fantomatique. Il est capable de réciter la table de Mendeleïev de mémoire sans omettre un élément, un atout malheureusement négligeable pour développer son réseau social. Boo, surtout, est mort devant son casier. Son cœur, croit-il.

Il se réveille dans un étrange au-delà : le Village. Un endroit où se retrouvent tous les jeunes de treize ans, « passés » comme lui d’un monde à l’autre. Johnny, un camarade décédé peu de temps après lui, lui révèle ce qui est réellement arrivé à l’école et lui annonce que le coupable se trouverait parmi eux. Les apprentis justiciers orchestrent alors une vendetta, sans se douter des conséquences.

Abordant avec humour, vivacité et courage la marginalité, l’intimidation et ce qui fait l’amitié, Boo prouve que même la vie au paradis peut être l’enfer. Et que parfois, pour mieux vivre, il faut apprendre à bien mourir.

Traduit de l'anglais (Canada) par Lori Saint-Martin et Paul Gagné

Les enfants fichus

« Si vous ne connaissez pas encore l’humour noir du regretté Edward Gorey, précipitez-vous sur Les enfants fichus, son chef-d’oeuvre incontesté. »

L'actualité

Traduit pour la première fois en français depuis sa parution en 1963, Les Enfants Fichus (The Gashlycrumb Tinies) occupe une place emblématique dans l’œuvre d’Edward Gorey, dessinateur admiré de par le monde mais dont le travail demeure encore injustement méconnu du lectorat francophone. Objet d’un véritable culte dans le monde anglo-saxon, cet ouvrage inclassable est certainement celui qui représente le mieux l’esprit délicieusement tordu de Gorey. Une courte biographie de l’auteur est également incluse à la fin du volume pour découvrir plus en détail ce créateur iconoclaste dont on s’arrache désormais les publications chez les collectionneurs. L’influence de Gorey est manifeste dans les œuvres de nombreux écrivains et dessinateurs ainsi que dans l’univers du réalisateur Tim Burton (L’étrange Noël de Monsieur Jack, La mariée cadavérique), qui lui a rendu hommage avec La Triste Fin du petit enfant huître et autres histoires.

Un « abécédaire terrible » drôle et irrévérencieux qui régalera les curieux, les amateurs de belles images et de fins tragiques.

Anglais (États-Unis) par Ludovic Flamant

Le Christ obèse

Edgar est un trentenaire timide et asocial qui a toujours vécu dans l’ombre de sa mère, décédée depuis peu. Une nuit, dans un cimetière, il assiste à la violente agression d’une jeune femme que quatre cavaliers de l’Apocalypse laissent à demi morte. Edgar décide de recueillir chez lui la victime inconsciente. Il en fait le serment : il sera son sauveur.

Mais que sait véritablement le jeune homme, hanté par le souvenir de sa mère, de la personne qu’il a recueillie ? De son identité, de son passé ? Au fil des jours, une étrange relation fusionnelle s’installe entre les deux êtres, pour le meilleur et pour le pire.

Servi par une écriture nerveuse et teintée d’une singulière humanité, Le Christ obèse est un roman implacable sur les racines du Mal et de la Bonté. Une œuvre forte signée par l’un de nos dramaturges les plus étonnants, qui déploie ici une redoutable maîtrise des mécanismes du suspense.

Attraction terrestre

L’un est embaumeur, fils de médecin qui, à défaut de pouvoir soigner les vivants, s’est engagé à soigner les morts. L’autre est un pianiste malade qui partage sa solitude avec les spectres d’une gloire passée. Le premier habite un immeuble où logent plein de choses tranquilles, des centenaires qui ont la manie de l’autobiographie. Le second se cloître dans une maison austère où même le soleil refuse d’entrer. L’un hésite entre deux femmes. L’autre, entre emphysème, polyarthrite rhumatoïde et parkinson. L’un rêve, l’autre tremble. La rencontre est inévitable.

Le jour où notre croque-mort philosophe égare le mystérieux manuscrit d’un locataire, le pianiste le récupère de justesse. Commence alors un chassé-croisé qui les mènera du port au café, du café au parc, du parc à la maison sans soleil puis au piano où l’amour, la vie, la mort et tout le reste régleront leurs comptes.

Pétri d’humour fin, d’absurde, d’une tendresse généreuse pour les vivants et les disparus, Attraction terrestre célèbre à sa façon le bonheur d’exister sur terre.

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