Des envoûtants nouveaux romans de Catherine Leroux et Martine Desjardins à la colossale adaptation graphique Des souris et des hommes de Rébecca Dautremer, l’automne des éditions Alto s’annonce riche en livres mémorables. Les nouveaux opus d’Andrew Kaufman (Tous mes amis sont des super-héros) et de Tom Gauld (Vous êtes tous jaloux de mon jetpack), l’ajout de deux titres à notre collection CODA et la retraduction du premier roman d’Heather O’Neill complètent le programme. Tous les détails dans les fiches de livres qui suivent.

L'avenir

Dans une version imaginée du Detroit que l’on connaît, Gloria s’installe dans une maison à demi morte. Étrangère dans une ville qui a connu toutes les fins du monde, elle cherche à découvrir la vérité sur le crime qui a avalé sa famille.

Petit à petit, elle prend la mesure de la désolation et de la violence qui l’entourent, mais aussi de la beauté d’une nature qui reprend ses droits et de la résilience des humains qui tiennent bon. Au sein d’une communauté têtue et généreuse, elle s’éprend de la complexité de ce lieu où les rivières guérissent et empoisonnent, où les enfants fondent des royaumes dans les arbres, où les maisons brûlent pour mieux repousser, où la jeunesse arrache sa vie à l’ancien monde, et où passé et futur sont confondus dans un même mouvement libérateur.

Plaidoyer pour une humanité renouvelée, L’avenir sonde dans une langue ample et évocatrice la profondeur de notre déroute, la persistance de la vie et toute la force de ce qui cherche à advenir.

Croc fendu

Elle grandit au Nunavut dans les années 1970. Elle connaît la joie, l’amitié, l’amour des parents, l’art du camouflage et de la survie. Elle connaît l’ennui et l’intimidation. Elle connaît les ravages de l’alcool, la violence sourde, le courage d’aimer les petites peurs. Elle connaît le pouvoir des esprits. Elle scande en silence le pouvoir brut, amoral, de la glace et du ciel.

Dans ce récit venu de loin, d’un espace intime et profond où les frontières s’effacent, Tanya Tagaq chronique les jours terribles d’un village écrasé sous le soleil de minuit, laissant dans la blancheur de la page l’empreinte sauvage d’une mythologie enchanteresse. Savant collage de descriptions hallucinées et de plongées intimistes, Croc fendu nous lance à la suite d’une héroïne inoubliable pour reconsidérer la différence entre le bon et le mauvais, l’animal et l’humain, le vrai et l’imaginé. Ici, la réalité se révèle aussi étrange que la fiction, à moins qu’il n’y ait jamais eu de différence entre les deux.

Illustrations de Jaime Hernandez

Traduit de l’anglais par Sophie Voillot

Méduse

En librairie le 13 octobre

On la surnomme Méduse depuis si longtemps qu’elle en a oublié son véritable prénom. Elle marche tête baissée, le visage caché derrière ses cheveux, pour épargner aux autres la vue de ses Difformités – des yeux si horribles qu’ils révulsent les femmes et pétrifient les hommes. Elle-même n’a jamais osé se regarder dans un miroir.

Chassée du foyer familial, Méduse est enfermée à l’Athenæum, un institut pour jeunes filles malformées, qui se dresse sur les bords d’un lac infesté de méduses. Dans les abysses de cet endroit lugubre, où les bienfaiteurs s’adonnent à des jeux cruels avec leurs protégées, elle découvre peu à peu les prodigieuses et redoutables facultés de ses Révoltances.

Le jour où elle en émerge enfin, c’est pour semer la destruction sur son passage. Mais avant de pouvoir se venger des bienfaiteurs qui l’ont humiliée, elle devra d’abord affronter le regard perfide de son ennemi juré – et celui, mortel, de ses propres Abominations.

Martine Desjardins signe ici un récit incendiaire sur la honte du corps, l’oppression et le pouvoir de la féminité. Un renversement des rapports de force qui jette une lumière à la fois crue et raffinée sur la monstruosité.

Le coeur à retardement

« Tendre et brutale, optimiste et désespérée, cette fable moderne écrite par l’auteur du mythique Tous mes amis sont des superhéros pose un regard neuf sur les amours qui bourgeonnent, et sur celles qui se fanent. »

Hamilton Review of Books

En librairie le 27 octobre

À quoi sert le cœur humain ? La plupart d’entre nous passent leur vie à chercher la réponse à cette question. Charlie Waterfield, lui, n’a que vingt-quatre heures, faute de quoi la bombe qu’on a placée dans sa poitrine explosera. Débarqué malgré lui à Métaphoria, ville où aboutissent les accidentés de l’amour condamnés à comprendre ce qui a dévasté leur vie sentimentale, Charlie n’a pas une minute à perdre. Tic-tac, tic-tac…

Sa mission le conduira des bureaux d’une agence de détectives existentielle à un complexe d’entreposage cardiaque, du District des Noëls tristes à la Bibliothèque des Pages blanches. Entre les Cyclopes, les zombies, les sociétés secrètes et les ex-copines armées jusqu’aux dents, Charlie fera face au plus grand défi qui soit : se réconcilier avec son propre cœur. 

Roman d’apprentissage déjanté d’un quarantenaire, Le cœur à retardement est la truculente dissection d’une déconvenue amoureuse ponctuée de trouvailles et de révélations étonnantes. Un livre qui fait exploser les codes de la fable initiatique tout en pulvérisant nos préjugés à l’endroit du romantisme.   

Traduit de l'anglais par Catherine Leroux

Le département des théories fumeuses

« La science peut-elle être drôle ? En regardant les pages du Département des théories fumeuses de Tom Gauld, lauréat d’un prix Eisner, nous sommes bien obligés de répondre par un oui retentissant. »

 

Shelf Awareness

En librairie le 3 novembre 

Anachronismes délicieux, comiques coups du sort et hybridations improbables composent, entre autres rigolotes anomalies, l’ADN de l’humour de Tom Gauld. Armé de son crayon et d’un large spectre de références qui vont de l’époque victorienne au monde des Jedi et des épées laser, l’inimitable bédéiste dessine un monde décalé d’une apparente simplicité, mais d’une lucidité désarmante.

Comme il l’a fait avec les sœurs Brontë et Shakespeare dans les pages du journal The Guardian, Tom Gauld s’est amusé avec les nanorobots et les théorèmes insolubles dans la revue internationale New Scientist. Rassemblées dans ce nouvel ouvrage dédié à son grand-père biologiste, ses planches donnent un relief humoristique — voire métaphysique — au monde de particules et de lois immuables dans lequel l’humanité tente tant bien que mal d’évoluer.

Traduit de l'anglais par Éric Fontaine

Des souris et des hommes

En librairie le 17 novembre

L’œuvre-phare de John Steinbeck, récipiendaire du prix Nobel de littérature de 1962, trouve un nouveau souffle et de nouvelles teintes sous le crayon et la gouache de Rébecca Dautremer. La grande dessinatrice française fait revivre ce classique pour en faire un roman graphique hors norme et envoûtant.

Dans une Amérique plongée dans la Grande Dépression, Georges et Lennie, deux ouvriers agricoles, voyagent à travers la Californie en rêvant d’une vie meilleure. Leur destin se jouera en quelques jours dans un ranch où se croisent les âmes solitaires et les laissés-pour-compte. Il y a Slim, le roulier magnifique; Crooks, le palefrenier noir; Candy, écrasé par une vie de labeur; Curley, le teigneux fils du patron, et sa femme.

L’histoire de Lennie, le colosse doux et simplet aux mains trop puissantes, et de George, son compagnon débrouillard et taciturne, nous fait basculer du côté sombre du rêve américain et a marqué des générations de lecteurs.

Les villes de papier

Si, comme elle l’écrit, l’eau s’apprend par la soif et l’oiseau par la neige, alors Emily Dickinson, elle, s’apprend par la mer et par les villes.

Figure mythique des lettres américaines, celle que l’on surnommait « la dame en blanc » demeure encore aujourd’hui une énigme. Elle a toujours refusé de rendre sa poésie publique et a passé les dernières années de sa vie cloîtrée dans sa chambre ; on s’entend pourtant maintenant à voir en elle un des écrivains les plus importants du dix-neuvième siècle.

Les villes de papier explore son existence de l’intérieur, en mode mineur, à travers ses livres, son jardin et ses fantômes. Autour de moments de la vie d’Emily, Dominique Fortier trace un roman à la fois grave et cristallin, et nous offre une réflexion d’une profonde justesse sur les mondes qui nous construisent, sur les lieux que nous habitons et qui nous habitent aussi.

La ballade de Baby

Valises et sacs de plastique à la main, Baby et son père Jules débarquent à l’Hôtel Autriche, un recoin sombre du cœur de Montréal. Dans les yeux de la gamine, encore assez naïve pour garder un pied dans la féerie de l’enfance tandis que l’autre se pose déjà dans la réalité crue de l’âge adulte, le quotidien est nimbé de lumière— avec passages nuageux.

Coin Sainte-Catherine et Saint-Laurent, les Hells Angels bourdonnent comme des abeilles, on appelle l’héroïne « lait au chocolat » et les danseuses nues sont les sirènes de la rue. C’est l’endroit parfait pour rêver.

Enfin retraduite au Québec et suivie aujourd’hui de Sagesse de l’absurde — une série de leçons iconoclastes apprises par l’auteure auprès d’un père criminel à la petite semaine —, cette berceuse pour enfants perdus retrouve sa vraie voix et le chemin de la maison.

Traduit de l'anglais par Dominique Fortier

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