En ces temps de libertinage post-moderne, il fait bon se rappeler que les plus belles histoires amours contiennent une part d’imperfection et d’étrangeté. Pour la Saint-Valentin, nous vous proposons de (re)lire quelques titres inspirants du catalogue d’Alto.

Hôtel Lonely Hearts

« Hôtel Lonely Hearts est un conte sans les fées, une tragédie enveloppée de magie, une histoire sombre touchée par la grâce et la lumière. C’est la poésie quand elle se fait roman. C’est d’une fulgurante beauté. C’est Heather O’Neill. »

Sonia Sarfati, Les libraires

Dans un orphelinat de Montréal, toutes les filles s’appellent Marie, et tous les garçons, Joseph. Mais parmi la grisaille des enfants abandonnés brillent deux étoiles : Rose et Pierrot.

Les deux orphelins se produisent en spectacle devant de riches Montréalais pendant les Années folles. Il joue du piano, elle danse, et ils rêvent ensemble de fonder le plus grand cirque du monde. Arrivent plutôt la Crise, la pauvreté crasse et une double plongée dans l’univers interlope. La Dépression est cruelle aux rêveurs, qui continueront pourtant de chercher à se réunir au clair de la lune.

L’auteure de La vie rêvée des grille-pain signe un conte sentimental d’une magie brute, porté par un érotisme troublant, où la misère se voile de paillettes et l’amour a raison de toutes les tempêtes.

Traduit de l’anglais par Dominique Fortier

Les écrivements

Les traces de pas dans la neige finissent toujours par disparaître, comme des souvenirs qu’on est forcé d’oublier, soufflés par le vent ou effacés par le soleil. Celles de Suzor, parti un soir de décembre 1976, n’existent plus depuis longtemps. Pourtant, Jeanne les voit encore chaque jour par la fenêtre du salon.

Pendant quarante ans, elle s’est promis de ne jamais le chercher, mais lorsqu’elle apprend qu’il est atteint d’alzheimer, sa promesse ne tient plus : elle doit retrouver Suzor avant qu’il oublie.

Dans un Montréal enneigé, aidée par une jeune complice improbable, Jeanne retracera le chemin parcouru par Suzor et devra, pour ce faire, revisiter leur passé. La famille qu’ils n’avaient pas. Leur jeunesse en solitaire. Le voyage en Russie dont elle porte encore les cicatrices. Le trou dans le mur de la cuisine. Le carnet que la petite n’avait pas le droit de lire. Les boutons trouvés sur le trottoir.

«Je ne veux pas être la seule condamnée au souvenir de nos bonheurs », dira Jeanne dans ce doux roman sur les caprices de la mémoire, sur ces choses qu’on oublie sans le vouloir et celles qu’on choisit d’oublier.

Un jardin de papier

« Et dans ce vertige, toute personne semble capable d’aller bien au-delà de ses capacités humaines pour respirer sous l’eau, voler dans les airs, connaître l’avenir, délaisser le temps et abréger l’espace. »

Alberto Manguel

Chaque livre a sa propre histoire. Pour embrasser toutes celles qui fleurissent dans ce Jardin de papier, il faut en raconter plusieurs autres: d’abord celle d’une jeune fille rencontrée dans les ruines d’une librairie de Québec, puis celle de l’imprimeur Nicolas Flood, sommé de créer un livre infini pour satisfaire la lubie du comte d’Ostrov, un excentrique passionné d’énigmes et de mécaniques fantasques. Absorbé tout entier dans la poursuite de cette chimère, Flood entreprend un périple fabuleux qui le mènera de Venise à Alexandrie en passant par Canton et Londres en compagnie de personnages tout droit sortis d’un cirque ou des Mille et Une Nuits: Djinn, un être auréolé de mystère, Ludwig, l’automate, Amphitrite, corsaire à la peau d’ébène, et la jeune Pica, capable de respirer sous l’eau.

Un jardin de papier, c’est aussi une fable à propos des rêves qui inspirent les créateurs. Il appartient au lecteur d’y ajouter sa propre histoire en arpentant les pages de cette romance baroque, truffée de révélations, offerte en hommage au pouvoir de l’imagination.

Préface de Alberto Manguel

Traduit de l'anglais (Canada) par Sophie Voillot

Miles et Isabel ou la belle envolée

Sydney, à l’apogée de l’ère victorienne. La comédienne Eliza McGinty crée un scandale considérable en interprétant le rôle d’Hamlet alors qu’elle est glorieusement enceinte et, de surcroît, célibataire. Devant une salle bondée, elle accouche au beau milieu d’une représentation, déclenchant la même réaction chez Louisa Dowling, une riche spectatrice présente ce soir-là.

Leurs rejetons, Miles McGinty et Isabel Dowling, vivront longtemps des vies parallèles aussi excentriques que l’avait laissé présager leur naissance: alors que l’un est embauché comme assistant d’un magicien spécialisé dans la lévitation, l’autre devient accidentellement la première jeune fille à s’envoler en mongolfière. Chacun à leur manière, ils défieront les conventions de leur époque, mais aussi celles qui régissent la gravité.

Acclamé par la critique anglo-saxonne et traduit en plusieurs langues, Miles et Isabel propose un voyage picaresque et fascinant dans une Australie mi-Far West, mi-Angleterre victorienne. Une romance légère comme l’air, où le vol constitue tout autant un exploit physique qu’un élan de l’esprit, une volonté de s’élever au-dessus de sa condition.

Traduit de l'anglais (Australie) par Sophie Voillot

Etta et Otto (et Russell et James)

«Un roman magique et incroyablement généreux.»

Elle

Etta, 83 ans, a toujours voulu voir la mer. Un matin, elle enfile ses bottes, emporte un fusil et du chocolat, met le cap à l’est et entame les 3 232 kilomètres qui séparent l’océan de sa ferme en Saskatchewan. Otto, son mari, connaît bien la mer. Il l’a traversée il y a bien des années pour prendre part à une guerre lointaine. Il découvre à son réveil la note que lui a laissée sa femme : J’essaierai de ne pas oublier de rentrer. Il se résigne à accepter la décision de son épouse. Russell, voisin et ami d’enfance d’Otto, ne peut abandonner Etta et part à la recherche de celle qu’il a toujours aimée à distance.

Ce premier roman lumineux, méditation délicate et tendre sur la mémoire et les racines profondes de l’amour, a révélé le formidable don de conteuse de l’auteure des Chants du large.

Traduit de l’anglais par Carole Hanna

Minuscule

Tout commence par un cambriolage. Non pas un banal vol d’argent, mais un crime aux conséquences drôlement plus sérieuses.

Un mercredi du mois de février, un homme coiffé d’un extravagant chapeau violet demande à ses treize victimes de lui remettre l’objet qui a la plus grande valeur à leurs yeux, et en profite pour subtiliser 51% de leur âme. Dès le lendemain, une série d’événements étranges s’amorce : l’un se réveille transformé en bonhomme de neige, une autre métamorphosée en bonbon, une jeune fille est poursuivie par son tatouage, un bébé défèque des devises. Et Stacey Hinterland se met à rapetisser.

Aussi craquant qu’une mignardise, Minuscule se déguste comme une fable. Au-delà du farfelu et de l’étrange, ce récit d’une fraîcheur réjouissante sur la reconquête amoureuse cache un autre secret : c’est parfois en rapetissant qu’on grandit.

Traduit de l'anglais (Canada) par Nicolas Dickner

Maleficium

Pardonnez-leur, mon père, car ils ne savent pas ce qu’ils ont fait. Pardonnez à ces sept hommes victimes d’étranges maléfices, venus chercher dans le confessionnal une oreille attentive au récit de leur infortune et implorer le salut de leur âme souillée par la curiosité et la faiblesse de la chair. Pardonnez aussi à cette femme calomniée, emmurée dans un cruel silence, car elle sait bien ce qu’elle a fait. Pardonnez enfin à l’homme de Dieu qui a recueilli leurs aveux et brisé le sceau de la confession en les transcrivant dans un ouvrage impie.

Lecteur, vous tenez entre vos mains une version remaniée mais non expurgée du mythique Maleficium de l’abbé Savoie (1877-1913), prêtre sacrilège dont on sait peu de chose, sinon qu’il termina ses jours cloîtré dans un monastère après avoir été mystérieusement frappé de surdité. Sachez que la lecture de cet ouvrage délétère pourrait provoquer un certain malaise chez les âmes pures, exciter les sens ou éveiller des désirs inavouables, et qu’en cédant à ses charmes vous risquez d’encourir l’excommunication. Vous voilà averti.

L’auteure du Cercle de Clara et de L’évocation (prix Ringuet de l’Académie des lettres du Québec) nous offre une fresque baroque en huit tableaux, une invitation à voyager aux limites des plaisirs et de la souffrance. Une œuvre rare, parfumée de fantastique, d’exotisme et d’érotisme, portée par une langue somptueuse. Jamais le péché ne vous aura semblé aussi irrésistible.

N'essuie jamais de larmes sans gants

«Un véritable monument de mémoire, d’humanité et de beauté.»

Anne-Marie Genest, Les libraires

Rasmus fuit son village et l’étouffant nid familial pour se jeter à corps perdu dans sa nouvelle vie à Stockholm, où brille l’espoir d’être enfin lui-même. Benjamin, lui, est déchiré entre le chemin tracé d’avance par son appartenance aux Témoins de Jéhovah et son simple désir d’aimer quelqu’un qui l’aimera en retour. C’est Paul, mère poule pour les gais égarés, qui les réunit par hasard une nuit de Noël. Ils repartiront main dans la main sans savoir que leur pas de deux enfiévré les mènera au bord de l’abîme. Que l’un d’eux tombera sous la lame d’une faucheuse que personne ne connaît encore : le sida.

Magistral hymne à la vie et à la tolérance vendu à plus d’un demi-million d’exemplaires et adapté à la télévision, N’essuie jamais de larmes sans gants documente parfois crûment une époque incandescente et trouble dans une prose sans compromis. Un témoignage aussi déchirant que nécessaire, pour ne pas oublier le chemin parcouru et pour continuer d’avancer, ensemble.

Traduit du suédois par Jean-Baptiste Coursaud et Lena Grumbach

LoveStar

Le génial et énigmatique LoveStar, fondateur de l’entreprise du même nom, invente un mode de transmission des données inspiré des ondes des oiseaux, libérant d’un coup l’humanité de l’emprise de l’électronique : l’homme sans fil est né ! Il développe au passage quelques applications favorisant le bonheur humain, dont inLove, système aussi redoutable qu’efficace qui identifie les âmes sœurs par simple calcul.

Quand Indriði et Sigríður se retrouvent ainsi calculés, ils tombent des nues : leur « seul et unique » est ailleurs. Ces Roméo et Juliette postmo­dernes sont rapidement projetés dans une quête improbable, portant sur leurs épaules l’espoir de meilleurs lendemains.

Récit jubilatoire et clairvoyant, LoveStar pourrait être le rejeton de 1984 et L’écume des jours. Devant cette vision absurde et terriblement juste du futur, le lecteur hésitera entre le rire et l’effroi.

Traduit de l'islandais par Éric Boury

Tous mes amis sont des superhéros

Il y a plus de deux cents superhéros à Toronto. Aucun n’a d’identité secrète et peu d’entre eux portent un costume. Ils sont parmi nous. Ils se nomment Super-Influenceuse, Super-Amphibien, Super-Infosolde… Plusieurs sont des amis de Tom, sauf que Tom, lui, n’est pas super. Pire, il est invisible aux yeux de sa douce, Super-Perfectionniste, depuis que le très jaloux Super-Hypno lui a jeté un sort. Sa mission: réussir à se faire voir par celle qu’il aime et qui prend l’avion pour refaire sa vie, loin de lui.

Tous mes amis sont des superhéros est accompagné d’illustrations de Pishier, alias Super-Dessinateur. À la fois imprévisible et irrésistible, cette variation moderne en rire majeur sur l’amour au XXIe siècle est l’objet d’un culte fervent depuis sa publication au début du millénaire.

Traduit de l'anglais (Canada) par Anna Rozen

Les peaux cassées

Un vaillant tailleur de peaux avait l’habitude de nager seul dans un verre dont il cherchait le fond. Un jour, il a rencontré Carole, dont le sourire était un redoutable remontant. Elle a eu du souffle pour deux, le temps qu’il reprenne le sien. Carole était comme ça.

Le couple a fait son nid en ville et attiré une ménagerie d’esseulés, des enfants de gouttière, un compteur d’étoiles, un Italien bossu et un épouvantail qui n’effrayait que lui-même. Dans un quartier où sévissaient la Dépression et l’assèchement des corps, les larmes ont coulé à grands seaux. Puis un petit scaphandrier est arrivé dans leur vie. Le temps était venu de penser à eux aussi.

Les peaux cassées est un récit poétique tout en nuances de gris où l’espoir verdit dans les endroits les plus inusités et qui prouve à sa drôle de manière qu’en chacun de nous sommeille un jardinier.

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