

Nous, la braise
Price range: $16.99 through $26.95
À la fin du siècle dernier, des mères ougandaises racontent des légendes à leurs filles. Ces contes, peuplés de poissons-chats et de femmes-coqs, agissent comme des talismans, puis, lorsque leurs enfants sont enlevées, comme des cartes qui leur montrent le chemin du retour. La route sera longue ; les filles – Maggie, Helen, Miriam, Susannah – grandissent au milieu des kalachnikovs, des montagnes, des os et des rivières. Lorsqu’elles reviennent, elles sont des femmes.
Dans Nous, la braise, la poétesse et romancière Otoniya J. Okot Bitek brode avec maestria les récits de filles-soldates enlevées par l’Armée de résistance du Seigneur durant les années 1990. Des histoires parfois dures, glaçantes, mais l’écriture sensible et éminemment poétique de l’autrice nous permet d’être happé·e·s par les souvenirs, les rêves, la colère, les blessures et les victoires des protagonistes.
Sans jamais gommer la vérité, le roman fait émerger la beauté et la lumière de ces trajectoires héroïques, et toute la force des femmes qui sont revenues pour raconter leur histoire.
En des temps où la guerre continue de ravager les peuples, Otoniya J. Okot Bitek livre un témoignage d’une rare richesse qui agrandit à jamais le cœur de la personne qui le lit.
Traduit par Valérie Bah
Titre original: We, the Kindling
Nous étions la braise qui a servi à allumer le feu.
Nous, la braise
(Helen)Mon fils est un conte qui marque mes débuts. À travers lui, je suis devenue humaine. Ogenrwot est né en 1999. J’étais en captivité à ce moment-là. Mon fils est la preuve absolue que la beauté, la vie, l’espoir, la bonté sont possibles, même lorsqu’on se croit autrement bonne à rien. Mon accouchement n’était remarquable qu’à mes yeux. Tout ce qu’il m’a fallu apprendre : allaiter un enfant, lui donner un bain d’eau très chaude, lui masser les jambes afin qu’elles poussent bien droites, comme mon peuple l’a toujours fait. Tout cela est devenu possible quand il m’a choisi comme mère. C’était un choix. C’était son choix, je le crois. Il aurait pu choisir n’importe qui d’autre. Son père avait eu beaucoup d’enfants avec d’autres femmes, mais lui a choisi d’être mon fils et j’ai appris à être mère grâce à lui.
