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Catherine Leroux

L'avenir - Catherine Leroux

Fiche de lecture

Dans une version imaginée du Detroit que l’on connaît, Gloria s’installe dans une maison à demi morte. Étrangère dans une ville qui a connu toutes les fins du monde, elle cherche à découvrir la vérité sur le crime qui a avalé sa famille.

Petit à petit, elle prend la mesure de la désolation et de la violence qui l’entourent, mais aussi de la beauté d’une nature qui reprend ses droits et de la résilience des humains qui tiennent bon. Au sein d’une communauté têtue et généreuse, elle s’éprend de la complexité de ce lieu où les rivières guérissent et empoisonnent, où les enfants fondent des royaumes dans les arbres, où les maisons brûlent pour mieux repousser, où la jeunesse arrache sa vie à l’ancien monde, et où passé et futur sont confondus dans un même mouvement libérateur.

Plaidoyer pour une humanité renouvelée, L’avenir sonde dans une langue ample et évocatrice la profondeur de notre déroute, la persistance de la vie et toute la force de ce qui cherche à advenir.

Faits saillants

  1. Le roman est une uchronie, c’est-à-dire une histoire alternative de la ville de Detroit, qui serait demeurée française, puis franco-canadienne.

  2. Flirte avec le genre de l’écofiction via les thèmes de la persistance de la vie sauvage, de la lutte à la destruction de l’environnement et de l’équité envers les générations futures.

  3. Dialogues dans un joual inventé, jeu avec la grammaire et les temps de verbes.

  4. Monde d’adultes côtoyant une société composée exclusivement d’enfants vivant en autonomie.

  5. Description de violence, notamment envers des enfants.

Informations pédagogiques

Époque·s

21e siècle

Lieu·x

Fort-Détroit, version fictive de la ville de Detroit

Thèmes

Communauté, crise sociale, dystopie/utopie, environnement, rébellion, histoire, enfance, deuil, équité intergénérationnelle, renaissance, temps

Style et construction du récit

Récit divisé en quatre longs chapitres, raconté du point de vue de plusieurs personnages. Temporalité décalée, un chapitre revenant légèrement en arrière par rapport au précédent, de sorte que les événements nous sont racontés deux fois, de manières différentes. Style poétique, plus lent lorsque l’on suit les personnages adultes, plus vif et exubérant lorsqu’il s’agit de personnages d’enfants.

Pistes de réflexion

  1. Discuter de la manière dont la véritable histoire de Detroit a été détournée et trafiquée par l’autrice. Puis, proposer aux étudiants de créer une uchronie similaire à celle de L’avenir en imaginant une histoire alternative d’un lieu ou d’une situation réelle.

  2. Examiner la manière dont le surnaturel survient dans le roman, et les façons dont il permet d’explorer ou d’approfondir les thèmes du livre.

  3. Visionner le documentaire Detroit, ville sauvage, qui a donné l’impulsion à l’écriture du roman.

En complément

Lectures

A Paradise Built in Hell, essai de Rebecca Solnit
Faunes, roman de Christiane Vadnais
Indice des feux, roman d’Antoine Desjardins
Le fil du vivant, roman d’Elsa Pépin

Vers d'autres arts

Detroit, ville sauvage, documentaire de Florent Tillon
Detropia, documentaire de Rachel Grady et Heidi Ewing
Beasts of the Southern Wild, film de Benh Zeitlin
Peter Pan, film de Paul John Hogan

Extraits

  1. Édition régulière, page 78 ; Édition CODA, page 86

    Elle rejoint leur propre potager, impeccablement entretenu au milieu de la prairie échevelée. Sur le sentier, ses pas soulèvent une onde vivante, celle de dizaines de sauterelles qui bondissent, de centaines de mouches qui s’élèvent. De loin, sa maison lui apparaît sous un jour différent. Ses angles jaunes et blancs offrent une lumière douce. C’est une maison-lanterne, un œil de chat qui éclaire les friches. À son arrivée, elle prend le panier à lessive. Ses blouses tremblotent dans le vent et les secrets des criquets. Il y a des voix partout, à Fort-Détroit; tout parle et chuchote, tout soupire tout le temps. Il lui a fallu un mois et demi pour commencer à entendre et assimiler ce qui n’est ni un récit, ni une incantation mais plutôt une sorte de liste dont les termes mis bout à bout arrache au monde son opacité.

  2. Édition régulière, page 112 ; Édition CODA, page 123

    Plus loin, un mini pleure de fatigue, ainsi qu’une grande qui saigne du nez – c’est une règle empirique dans le Ravin : il y a toujours une ou deux personnes qui pleurent, deux ou trois qui rient ou qui se battent, une demi-douzaine qui dorment, quelques-unes qui se vident les intestins après avoir avalé des fruits trop verts ou de l’eau croupie, et une qui agonise. Les vies sont courtes et magiques, dures et pleines, et elles sont toutes gouvernées par Fidji.

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