Lire plus loin

Catherine Leroux

Le mur mitoyen - Catherine Leroux

Fiche de lecture

Madeleine parle toute seule, même quand elle a de la compagnie. Lorsque son fils revient avec une demande qui bouleverse sa vie, elle comprend à qui elle s’adresse quand elle ne parle à personne.

En se serrant la main pour la première fois, Ariel et Marie s’évanouissent. Des années plus tard, ils sont mariés, Ariel est à la tête d’un pays en déroute et ils sont sur le point de défaillir de nouveau.

Entre deux tremblements de terre, Simon et Carmen tentent de poser à leur mère la question la plus ancienne de leur existence. La réponse qu’elle leur livre malgré elle crée entre eux une fracture digne de la faille de San Andreas.

Et quelque part dans le sud des États-Unis, deux petites filles déposent un sou sur le rail d’une voie ferrée.

Entre ces personnages, Catherine Leroux dessine une cloison fine comme un brin d’impossible qui tantôt sépare, tantôt unit, estompant la frontière entre les secrets, la vérité et l’inouï. Une histoire où l’on frappe trois coups sur un mur pour entendre en retour un mystérieux toc toc toc.

Faits saillants

  1. Il s’agit d’un roman aux destins croisés, c’est-à-dire que les histoires, qui semblent de prime à bord se développer en parallèle, se recoupent et forment des nœuds.

  2. La narration est omnisciente, elle donne accès à la pensée de tous les personnages.

  3. Chaque chapitre se déroule de manière chronologique, à l’exception de quelques scènes du passé que se remémorent les personnages. L’ordre entre les chapitres, toutefois, ne suit pas indubitablement l’ordre du temps.

  4. Le roman s’inspire de faits réels, lesquels sont recensés dans une annexe en fin d’ouvrage.

Informations pédagogiques

Époque·s

20e et 21e siècles

Lieu·x

États-Unis, Mexique et Canada

Thèmes

Filiation, sororité/fraternité, origines, identité, génétique, adoption, mort, maladie, amour

Style et construction du récit

La prose est réaliste, mais empreinte, par moment, de grande poésie. Le roman relate quatre histoires qui se recoupent. Chaque chapitre est consacré à l’une ou l’autre de ces histoires.

Pistes de réflexion

  1. Les histoires se recoupent et il est possible de relever plusieurs passages où les péripéties d’un personnage font écho à celles d’un autre. Demandez aux élèves de relever un de ces passages et de l’expliquer. Quels indices nous permettent de relier les deux destins ? Qu’est-ce que ce passage révèle sur les personnages qu’il implique ?

  2. Le mur mitoyen s’inspire, plus ou moins fidèlement, de faits vécus. Proposez à la classe de fouiller les journaux et l’Internet pour dénicher des histoires qui les inspirent. Invitez ensuite les élèves à écrire une histoire en reprenant certains éléments du fait qu’iels ont choisis.

  3. [Avis au divulgâcheur !] Dans le roman, la situation d’Ariel et de Marie soulève une question d’éthique : le couple découvre qu’ils sont en fait des jumeaux séparés à la naissance. Ouvrez une discussion sur le sujet avec vos élèves. Comment se sentent-ils face à cette situation trouble ? De quelle manière envisagent-ils cette relation ? Ariel et Marie devraient-ils se séparer ou est-il légitime pour eux de rester ensemble?

En complément

Lectures

L’avenir, un roman de Catherine Leroux

Moby Dick, une bande dessinée d’Olivier Jouvray et de Pierre Alary

Les faux-fuyants, un roman de Monique LaRue

Destins croisés, un roman d’Elizabeth Turgeon

La femme au miroir, un roman d’Éric-Emmanuel Schmitt

Vers d’autres arts

Babel, film de Alejandro González Iñárritu

Les albums de Simon and Garfunkel

Les photographies de Paul Strand

Destins croisés (Twice in a Lifetime), une série télévisée diffusée sur CTV

Extraits

  1. Page 139

    Elle parvient à engloutir la dernière bouchée de son burrito, un peu honteuse de trouver autant d’appétit alors que sa mère lutte entre la vie et la mort à quelques pâtés de maisons. La vérité est que Frannie a imposé il y a longtemps ce détachement à ses enfants. Il leur aurait été impossible de survivre, de devenir des adultes complets si chacune de ses sautes d’humeur les avait affectés. Sauf qu’en se protégeant du mauvais, on se protège aussi du bon, du fondamental.

  2. Page 182

    “Je suis deux, je suis deux, je suis deux”, répète-t-elle en enlaçant ses doigts dans une prière forcenée pour déchiffrer dans l’enchevêtrement de phalanges l’ombre d’une évidence. “Je suis jumelles”, ajoute-t-elle, décontenancée de découvrir que la seule manière de dire la vérité à son sujet est de défier la grammaire.

  3. Page 279

    Alors que Simon avait eu droit à un nom complet en guise de père, Carmen n’avait que le mot Hector à se mettre en bouche. Une grande-tante à moitié gâteuse lui avait raconté qu’on savait peu de choses de l’homme qui avait “mis Magenta dans cet état”, mais qu’il s’agissait d’un individu “peu fréquentable” qui l’avait épousée sous la menace pour prendre ses jambes à son cou tout de suite après la nuit de noces. Pendant que son frère lançait des recherches à la grandeur du pays pour retracer Roberto Aurellano, Carmen abandonnait tout espoir de retrouver un parent biologique vivant. Et curieusement, elle ne s’en portait pas plus mal.

Nouveau programme de récompenses d'Alto Cliquez ici pour plus d'information