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Charles Quimper

Une odeur d’avalanche Charles Quimper

Fiche de lecture

Le quartier Saint-Sauveur a connu toutes les catastrophes : séismes, inondations, pluies de grenouilles… Béni par l’apparition de la Vierge, c’est aussi le lieu d’amours dévorantes et d’indéfectibles amitiés nouées dans une enclave ouvrière baignant dans une solidarité râpeuse. Puis viennent les disparitions. Des gens et des choses sont happés par le hasard. Cette vague d’évaporations passe, comme les autres calamités, mais Saint-Sauveur n’échappe ni à la marche du temps ni à l’amnésie collective.

À travers ces drames et ces prodiges naviguent Jacob et Pénélope, deux adolescents qui tentent de s’accrocher à leur monde en dissolution à la fin des années soixante-dix. De l’autre côté de l’histoire, cinquante ans plus tard, une Dame en vert et un Cowboy solitaire recollent les fragments de leurs longues existences pour en faire quelque chose de beau, de durable.
Chronique de quartier, romance de voisinage, Une odeur d’avalanche détricote les petits et les grands miracles, les cataclysmes et les joies qui font et défont les communautés. Un texte d’une rare douceur, réconfortant comme une réunion de famille, qui nous rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour croire à la magie.

Informations pédagogiques

Époque.s

Période contemporaine, années 60 et 70, avec des retours vers un passé plus ancien à travers les articles de journaux

Lieu.x

Quartier Saint-Sauveur à Québec, avec des incursions dans un territoire non identifié rappelant les Prairies

Thème.s

Relations amoureuses, rapports familiaux, deuil, errance, maladie, vie de quartier, foi religieuse, miracles, catastrophes naturelles, phénomènes inexpliqués, vieillesse, destinée

Style et construction du récit

Alternance de trois trames narratives et de divers types de narration (3e personne; journal intime à la 1re personne; mode journalistique), saut entre les époques, style poétique et évocateur

Pistes de réflexion

  1. Un des éléments centraux du roman est l’apparition de la Vierge à Québec en 1967. Présenter ce moment de l’histoire locale aux étudiants et l’impact de cet événement sur la ville à l’époque.

  2. Dans Une odeur d’avalanche, l’auteur sème des indices laissant deviner que le Cowboy et Jacob sont un seul et même personnage, de même que la Dame en vert et Pénélope. Demander aux étudiants de repérer ces indices et d’en expliquer la signification.

  3. Tout en plongeant dans certains épisodes de son histoire réelle, Charles Quimper enchante le quartier de Saint-Sauveur en lui inventant un passé constellé d’incidents invraisemblables. Proposer un exercice d’écriture où les étudiants sont appelés à décrire un quartier qu’ils connaissent bien et à y faire survenir des phénomènes inexpliqués.

En complément

LECTURES

Un beau désastre, de Christine Eddie
Cent ans de solitude, de Gabriel Garcia Marquez
Il pleuvait des oiseaux, de Jocelyne Saucier
37,2 le matin, de Philippe Dijan
Les Plouffe, de Roger Lemelin

VERS D'AUTRES ARTS

Magnolia, film de Paul Thomas Andersen
La belle histoire et la trilogie Un homme et une femme, films de Claude Lelouch
Les revenants, télésérie de Fabrice Gobert
Le travail de l’artiste visuel de Québec Samuel Breton, qui a utilisé des édifices emblématiques du quartier Saint-Sauveur dans ses collages et ses vidéos

Extraits

  1. p. 117

    Bruce a disparu lundi soir. Comme d’habitude, il était devant la télé en robe de chambre, pendant que j’étais dans la cour à tirer de la carabine à plomb sur les figurines des Sept Nains de Blanche-Neige que grand-père m’avait offertes pour mon septième anniversaire.

    En rentrant, ne voyant pas Bruce assis devant les nouvelles, je l’ai appelé, cherché sur les trois étages de l’hôtel. Sur la chaise, je n’ai trouvé qu’une poignée de vertèbres parfaitement nettoyées, comme si on les avait passées à l’eau de Javel.

  2. p. 65

    Les journalistes locaux tendent leurs micros, les photographes braquent leurs appareils, mais la Vierge se contente de descendre de son rocher en se débarrassant de sa robe bleu clair.

    Vêtue de lumière, elle fait craquer ses jointures, enfile une paire de gros verres fumés qui lui donne des airs de Jackie Onassis, puis elle quitte les lieux en direction du boulevard Charest.

  3. p. 71

    Chaque amour émet un son différent : parfois une grande symphonie aux mille cymbales, parfois un son strident, insupportable comme celui des ongles qu’on fait crisser sur un tableau noir. Cet amour-là était un air de piano, une mélopée simple et envoûtante. C’était un instrument désaccordé, bien sûr, mais dont chaque vibration sonnait juste.