Couverture

Lorsque Ambroise Zéphyr apprend qu’il est atteint d’une maladie incurable, il décide d’emmener sa femme Zip dans un périple abécédaire où chaque destination correspond à une lettre de l’alphabet. Cette volonté d’accomplir dans le peu de temps qu’il lui reste les projets avortés de toute une vie se transformera pourtant, bien avant d’arriver à Zanzibar, en besoin de se souvenir des beaux moments au sein du foyer conjugal.

L’aventure d’Ambroise Zéphyr et de sa femme Zappora Ashkenazi, alias Zip, aurait pu commencer un charmant dimanche matin baigné par un soleil d’avril et s’achever dans la douce lumière du crépuscule londonien. Mais ce jour-là, le cinquantenaire échoue à son examen médical annuel. Le verdict est terrible : il est atteint d’une maladie inconnue et incurable qui ne lui laisse que trente jours à vivre.

Fasciné par les abécédaires et les caractères d’imprimerie, ce graphiste féru d’art et d’histoire décide de dépoussiérer les multiples brochures de voyage qu’il accumule sous son lit depuis l’enfance et de s’offrir un dernier (et merveilleux) périple autour du monde. Il prend le large avec celle qui l’aime, et qui tient la chronique littéraire de la troisième revue de mode la plus populaire au pays. Premier arrêt : A pour Amsterdam, puis B pour Berlin, C pour Chartres… Mais qu’arrivera-t-il lorsque viendra la lettre Z, la fin de l’alphabet ? Ils ne se rendront pas jusque là, puisque bien avant la fin de cette course contre la montre, le désir de s’arrêter pour savourer les derniers instants de leur vie à deux s’imposera, comme une évidence.

Traduit de l'anglais (Canada) par Sophie Voillot
Titre original : The End of the Alphabet

Le lieu
Londres, Amsterdam, Berlin, Chartres...
L'époque
le tournant des années 2000 (sans que ce soit explicitement mentionné)
Les thématiques
La mort, la maladie, l'amour, le voyage, le souvenir, le mariage, le foyer, l'alphabet
Le style et la construction du récit
Une intrigue simple, avec des éléments fantaisistes, rapproche ce roman du conte. Des dialogues atypiques, dont celui de la scène où le médecin d’Ambroise lui annonce la triste nouvelle, où un seul des locuteurs parle (p. 33)

Pistes de réflexion

  • Dans la scène où le médecin d’Ambroise lui annonce la triste nouvelle, un seul des locuteurs parle (p. 33). Tout ce qui concerne le narrateur passe dans les autres éléments du texte. Ses questions se trouvent dans les réponses de l’autre. Cette dissymétrie se retrouve particulière dans les écrits de Stendhal et de Proust. Ce dernier utilise, particulièrement dans À la recherche du temps perdu,ce que certains théoriciens nomment l’incohérence narrative, alors que les personnages s’adressent à un narrateur dont on ne peut pas lire les réponses. Étudier l’impact de ce choix stylistique et les motivations de l’auteur quant à la place laissée à l’imagination du lecteur.
  • Que noteriez-vous sur une liste de choses à faire avant de mourir? Si vous aviez une seule destination à visiter au cours de votre vie, laquelle serait-ce et pourquoi? Discutez!
  • Jouez avec les mots: - Exercice d’écriture abécédaire (Oulipo). Écrire un texte où les initiales des mots successifs suivent l’ordre alphabétique. - Proposer l’écriture d’un pangramme, une phrase comptant toutes les lettres de l’alphabet. Le pangramme le plus célèbre, en français, est celui de Georges Perec : « Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume. » - Exercice d’écriture de dialogues où ne sont transcrites les paroles que d’un seul interlocuteur.
  • Les soins en fin de vie font régulièrement l'objet de nombreuses chroniques et nouvelles dans les médias. Comment la situation développée dans La fin de l'alphabet trouve-t-elle un écho dans les histoires vécues qui sont évoquées dans ces articles? L'impact sur le lecteur est-il le même?

LECTURES COMPLÉMENTAIRES

Soie, Alessandro Baricco, 1996 (roman)

Chocolat, Joanne Harris, 1999 (roman)

Trois chevaux, Erri de Luca, 2000 (roman)

La dernière leçon, Mitch Albom, 2004 (roman)

AU CINÉMA

Zoo, Peter Greenaway, 1985

Big Fish : La Légende du gros poisson, Tim Burton, 2003

Maintenant ou jamais, Rob Reiner, 2007

« Zip fut tirée du sommeil par le raclement d’un objet lourd juste en dessous d’elle, entrecoupé du murmure de son mari. Y aller tout de suite… il faut… partir ce matin… pas le temps… sans attendre… des dispositions… où aller… une liste… A comme…

Nu comme un ver, dégoulinant de sueur, Ambroise fourrageait sous le lit. La grosse valise se coinça dans les ressorts.

D’un seul geste, il la dégagea et la jeta sur le matelas.

Autriche?… non… B comme Belize?… non… gens à voir… choses à faire… une liste… un plan… partir maintenant… C comme… » (p. 43)