Couverture

Les villes de papier pénètre dans l’univers de la célèbre poétesse recluse Emily Dickinson, ainsi que dans le quotidien de l’auteure Dominique Fortier. Ce livre à la fois profond et accessible cherche à définir ce lieu qu’on appelle «chez-soi». À la croisée de l’essai, du roman et de l’autobiographie, tissé de poésie, Les villes de papier est, plus que tout, un grand texte sur l’écriture, la beauté et la vie intérieure.

En 1858, la poétesse américaine Emily Dickinson décide de ne plus sortir de sa chambre, menant jusqu’à sa mort une existence faite de contemplation, de création et de silence. En 2017, la narratrice du roman, elle-même écrivaine, s’interroge à l’occasion d’un déménagement sur la notion de chez-soi. Entre ces deux époques et ces deux femmes se tisse une réflexion lumineuse sur les constructions de bois et de mortier et sur celles, intangibles, mais tout aussi réelles, de notre esprit.

Dans un style à la fois riche et épuré, Fortier retrace le parcours de Dickinson, plongeant avec elle dans son écriture si étonnante et dans son formidable monde intérieur. À une réclusion que d’autres ont attribuée à un trouble psychologique, la romancière propose une explication avant tout fondée sur une dévotion à la création, sur le bonheur d’habiter sa propre maison. Une lecture humaine et clairvoyante d’une des plus grandes poètes de notre continent.

Époque
19e siècle; présent.
Lieux
Nouvelle-Angleterre (particulièrement Boston), le Québec
Thèmes
Poésie, création, réclusion, vie intérieure, espaces habitables, foyer
Style et construction du récit
Genre mixte, à la fois essai et roman. Éléments historiques, biographiques et autobiographiques. Alternance entre la vie de Dickinson et le présent de l’auteure. Écriture fine et ciselée, parsemée d’extraits de poésie. Style contemplatif, grande impression de douceur et d’intelligence.

Pistes de réflexion

  • Lire une sélection de poèmes d’Emily Dickinson et en discuter en classe; comparer la version originale et sa traduction française. (Dans Les villes de papier, on trouve des poèmes de Dickinson, traduits par Fortier, aux pages 90 et 172 de l’édition CODA.)
  • Dickinson a rédigé son œuvre sur des petits morceaux de papiers, emballages de nourriture, endos d’étiquettes… Proposer aux étudiants de composer de courts textes sur des bouts de papier trouvés.
  • La poétesse avait également un magnifique herbier (qu’on peut consulter sur le site de la bibliothèque de l’Université Harvard) – proposer un projet de scrapbooking littéraire qui s’en inspire.
  • Écrire un texte réflexif sur les aspects positifs et négatifs du confinement, la réclusion choisie versus imposée; faire un retour sur l’expérience de l’isolement pendant la pandémie de 2020.

LECTURES COMPLÉMENTAIRES

La dame blanche, Christian Bobin, Folio, Gallimard

Poèmes d’Emily Dickinson (plusieurs éditions disponibles)

Les maisons, Fanny Britt, Cheval d’août

La bibliothèque familiale des Dickinson, incluant des ouvrages de Shakespeare, George Elliot et les sœurs Brönte.

Un herbier de Montréal, La pastèque (dessins, poèmes et textes scientifiques)

VERS D’AUTRES ARTS

Film A Quiet Passion par Terrence Davies

Le travail de l’artiste visuelle Émilie Bernard, qui crée en sérigraphie et en techniques mixtes avec des plantes de l’Islande, de l’Ouest canadien et des îles de la Madeleine

Série télé Dickinson, par Alena Smith

« Emily des champs n’est jamais allée à la mer. Cette étendue mouvante et bleue l’effraie. Elle est parfaitement à son aise dans le prisme que trace une goutte d’eau, une seule, sur la vitre de sa chambre. Quand elle rêve de l’océan, elle craint d’y tomber comme on bascule en bas d’une falaise. Il y a des risques à côtoyer l’infini. »

Les villes de papier, CODA, p. 101

« Depuis des mois, je relis les recueils de poèmes et de lettres d’Emily Dickinson, je compulse les ouvrages savants qui lui ont été consacrés, j’écume les sites où l’on voit des photos de Homestead, des Evergreens voisins, de la ville de Amherst au temps des Dickinson. Jusqu’à maintenant, c’est une ville de papier. »

Les villes de papier, CODA, p. 25