Couverture

À la fois roman d’amour, fresque familiale et livre d’aventure, Les coups de dés entraîne le lecteur dans la quête d’une matière fascinante, capable de faire dévier le cours des choses : la chance.

Theo Potiris a fait ses premiers pas dans les allées de l’épicerie familiale. Maintenant trentenaire, il y travaille toujours, sans grand entrain. Chaque vendredi, il se rend à l’hippodrome pour faire un pari. S’il gagne, il monte sur les planches du comedy club où il tente toujours de faire démarrer sa carrière d’humoriste.

Par un automne comme les autres, le destin déraille. La mère de Theo meurt subitement, sa nièce de douze ans devient millionnaire en jouant aux courses, son amoureuse se retire dans le désert, et Theo est perdu.

Il tente alors de reprendre le contrôle sur le hasard, d’abord en se mettant au service d’une association de statisticiens qui tentent de prédire l’imprévisible, puis en se joignant à la Bande sans nom. Ce groupe de bandits collectionne une substance en apparence identique au sable, mais qui a la faculté de rendre celui qui la possède extraordinairement chanceux.

Theo les suit dans une série de cambriolages rocambolesques qui le conduiront du Mile-End à Taipei, puis au désert marocain, jusqu’en prison, d’où, par chance, il sera vite relâché. À travers ses péripéties, Theo apprendra à faire la paix avec les amours avortées, les deuils inguérissables et les coups du sort qui façonnent l’existence.

Traduit de l'anglais par Catherine Leroux
Titre original : The Wagers

Époque
contemporaine
Lieux
Montréal, Taipei, Maroc
Thèmes
Coïncidences, jeux de hasard, chance, liens familiaux, deuil, amour, probabilité, destin, identité, commerces de proximité, réussite sociale
Style et construction du récit
Récit linéaire mais chargé de rebondissements, parsemé de courtes ruptures narratives : échange épistolaire, extrait de roman, article pseudo-scientifique… Ton à la fois poétique et décalé, descriptions fines, très imagées. Passages humoristiques, particulièrement lors des scènes de stand-up.

Pistes de réflexion

  • Par l’inclusion d’éléments fantastiques et pseudo-scientifiques, Les coups de dés s’inscrit dans la tradition des littératures de l’imaginaires. Expliquer comment ce type de récit se distingue du récit réaliste, présenter les principales catégories de ce courant littéraire (science-fiction, fantastique, réalisme magique, new weird…). Proposer aux étudiants d’identifier les éléments qui rattachent le roman aux littératures de l’imaginaire; discuter de la manière dont les diverses catégories s’appliquent ou non.
  • Dans Les coups de dés, Sean Michaels brosse le portrait d’un quartier, le Mile-End, avec beaucoup de poésie et une grande richesse de détails. Proposer un exercice d’écriture où les étudiants doivent dépeindre un quartier qu’ils connaissent bien, ses lieux importants, ses boutiques, ses personnages.

LECTURES COMPLÉMENTAIRES

Les œuvres d’Haruki Murakami

Les œuvres de Jorge Luis Borgès

Les œuvres d’Heather O’Neill

VERS D’AUTRES ARTS

Funny People, film de Judd Apatow

Les films de Charlie Kaufman

I Heart Huckabees, film de David O. Russell

La trilogie de films Ocean’s de Steven Soderbergh

La murale Walla Vollo de Ola Volo en hommage au Mile-End

The Grand Budapest Hotel, film de Wes Anderson

Lost in Translation, film de Sofia Coppola

« La chance n’est pas une vertu, se rappela Theo. On ne gagne pas un pari parce qu’on était censé le gagner. Pourtant, le caractère arbitraire de la bonne fortune d’Hanna semblait contredire cette phrase avec d’autant plus de force, comme si cette chance devait, d’une manière ou du n’autre, avoir été méritée. Puis venait son corollaire : Pourquoi est-ce que ce n’était jamais tombé sur lui? »

(p. 111)

« Du gobelet, elle sortit six dés noirs et blancs qu’elle lui montra.

– On dirait que tu vas faire un truc de magie, dit Theo.

– Je ne suis pas magicienne.

Elle remit les dés dans le gobelet et le secoua, sa main recouvrant l’ouverture. Le son rappelait des os qui roulent.

– Je…, dit-il.

Elle s’arrêta.

Il secoua la tête.

– Continue.

Simone recommença à brasser les dés, puis elle retira sa main.

Six dés.

Chacun présentait six points noirs.

– Ils pourraient être truqués.

– Ils ne sont pas truqués.

– Quelles sont les probabilités?

– Pas si faibles, en fait. Six six. Un sur six à la puissance six. C’est-à-dire environ un sur quarante-sept mille.

À nouveau, elle couvrit le gobelet et brassa. Ils se regardaient dans les yeux. Quand elle s’arrêta, elle lui montra : encore une fois, chaque dé représentait un six.

– Ça fait maintenant douze six, déclara-t-elle. Un sur deux milliards.

Elle ramassa le sable dans sa main et le remit dans le pot, puis lui tendit le gobelet. Il était lisse, léger, agréable au toucher. Il examina un des dés, palpant ses contours de plastique du bout du doigt.

Lorsqu’il secoua le gobelet, il entendit les os s’entrechoquer.

Six, six, six, six, six, six. »

(p. 194)