Couverture

Histoire de meurtre, d’amour et d’envie dans un décor où tous les coups sont permis, Griffintown expose au grand jour l’intimité des cochers du Vieux-Montréal, ces cow-boys dans la ville. Un détournement habile, porté par une langue sensible et rude, du western spaghetti sauce urbaine.

Le printemps est aux portes de Montréal, après l’exil hivernal, hommes et chevaux reviennent à Griffintown, quartier des écuries. Certains, comme John, reprennent les rênes de leur calèche comme on renoue avec une mauvaise habitude. D’autres, qui traînent plusieurs vies derrière eux, arrivent afin de saisir leur dernière chance. Le meurtre de Paul, patron de l’écurie, vient mettre en péril le fragile équilibre des lieux. L’odeur de la vengeance se mêle à celle des chevaux et l’enquête menée par le palefrenier révèle au grand jour de sombres manigances. Marie, nouvelle venue, surnommée la Rose au cou cassé, doit faire ses preuves alors qu’elle ignore ce que lui réserve cet été – le dernier de Griffintown, Far Ouest de la ville.

Les thématiques
Les chevaux, le far west, la corruption, le crime organisé, la vengeance, l'urbanisation

Pistes de réflexion

  • La vengeance est au coeur du roman, distinguez la vengeance et la justice.
  • Décortiquer le roman afin de montrer qu’il respecte toutes les conventions du genre western, hormis qu’il se déroule à Montréal au 21e siècle. Pour ce faire, analyser les personnages et leur fonction dans l’histoire (cow-boy, palefrenier, etc.), les lieux (écurie, bar saloon) et les événements qui perturbent le cours du roman (meurtre, duel). Relever un champ lexical propre à ce genre (or, botte, cheval, Far Ouest, etc.). Pour aider à la compréhension des codes du western, présenter un film (voir la liste de suggestions ci-bas).
  • Les chevaux peuvent être considérés comme des personnages dans « Griffintown ». De la même manière que pour les personnages humains, l’auteure dresse leur portait. Ils ont des personnalités différentes, chaque cheval est bien distinct. Toutefois, contrairement aux fables, aux apologies ou aux allégories, les animaux ne servent pas à professer une morale ou à formuler une critique sociale. Montrer la différence qu’il y a entre les chevaux de « Griffintown » et, par exemple, les animaux que l’on retrouve dans les fables de La Fontaine.
  • Exercice de création : À la manière de Marie Hélène Poitras, dresser le portrait d’un personnage en s’inspirant de ceux que l’on peut lire dans le roman (par exemple, édition CODA, p. 68-70) ou des westerns.

LECTURES COMPLÉMENTAIRES

True Grit de Charles Portis

De si jolis chevaux de Cormac McCarthy, chez Points

La mort de Mignonne et autres histoires de Marie Hélène Poitras, chez Alto

Les frères Sisters de Patrick deWitt, publié chez Alto

VERS D’AUTRES ARTS

Le bon, la brute et le truand de Sergie Leone, 1966 (film)

Il était une fois dans l’Ouest de Sergio Leone, 1968 (film)

Django déchaîné de Quentin Tarantino, 2012 (film)

Les toiles de chevaux du peintre romantique Théodore Géricault (peinture)

Ennio Morricone (musique)

« Une botte de cow-boy noire ornée de breloques apparaît dans l’entrebâillement de la portière, puis une autre, tout aussi ostentatoire. Paul, celui qui a trouvé de l’or à Griffintown, propriétaire de l’écurie et seigneur du domaine, salue son homme à tout faire et lui offre une cigarette de contrebande. “L’Indien va revenir cet été”, annonce-t-il. Billy hoche la tête puis ils fument en silence le tabac éventé, roulé serré dans du papier jauni. » (p.15)